En prière, les yeux tournés vers le ciel

Mèsi bondyé !

Sé milat-la di mwen sé vié nèg. Mé ! Pa nenpot ki nèg- insolent par nécessité, travailleur par dignité. Nèg konba, nèg ladja, nèg peyi-a. Pour tout vous dire, je suis les quatre faces de ce pays Terre-mer, volcan-rivière. Pour tout vous dire, j’ai façonné ce morne de mes dix doigts, J'y ai laissé ma sueur, mes chagrins, mes regrets et mes amours aussi. Le temps est venu de refaire le film : Mon enfance à la campagne, derrière les chariots de cannes –figues mûres, zéphirines sous framboisin, écrevisses en eaux profondes. Hé Hé – lavya boulvèsé – il n’y a plus que l’en-ville pour espérer vivoter. Maré ren’w, pran patyé’w, annou alé ! Le cloaque de Victor Sévère, puis la ville plate de Césaire a accueilli les réfugiés d’alors que nous étions déjà. Dénigrés, méprisés, marginalisés. Nous –le nous nèg anbabwa, nèg bwamitan– avons rendu la grâce par le travail, la reconnaissance et la fidélité. Nous, les descendus, avons bâti en koudmen, construit de bric et de broc, bien plus qu’un village... un bastion. Aujourd'hui, mes enfants ont grandi, sont partis. Ma douce Philomène est montée très tôt en Galilée, à force de trimer pour joindre les deux bouts. Et moi, Démosthène de Trénelle, j’ai laissé ma vigueur sur les quais de la baie des Tourelles. Sans rancune, sans amertume. Mési bondyé ! Mwen la !

Mwen ka tan an kok chanté a-teè foyal ; anba fò-a. Sa’w ka di disa !


Félicia Nuissier


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