Dans l'affaire du meurtre du Jour...

La nuit est soupçonnée d'avoir assassiné le jour. Le quartier de-Briant est bouclé.

Qui a vu quoi ? Qui sait quoi ? Le procès, instruit en 2018, a été ré-ouvert le 4 septembre 2020 avec 9 nouveaux témoins cités à comparaitre.

témoin n°10 : Manzel Filante Etoile (alias Marlène)

Moi étoile filante, je déclare avoir une confiance infinie en madame la Nuit. Elle est juste, nécessaire et belle et n’a fait que caresser le jour tant elle était amoureuse. Je l’ai vue et j’ai compris son approche romantique… Madame la Nuit a chanté, séduit et pris le monsieur le Jour dans ses bras. C’est précisément à ce moment là que nous avons tous été envahis par un peu de gris, des nuances de bleu, avant que le noir profond ne s’étale.

Moi étoile filante, je célèbre cet amour avec le sourire car j’adore la Nuit !

Je vous en conjure laisser madame la Nuit poursuivre sa romance, si vous la condamnez, monsieur le Jour ne pourra (voudra) plus ressusciter… Ce serait la fin de l’Amour tout court et alors nous serions tous perdus…

témoin n°9 : La Fête (alias Nicole)

Je peux affirmer qu’il n’y a pas meurtre !

La nuit devait naître du jour pour qu’enfin je vive.

Le jour a pris son temps pour l’enfant et.

Il a respiré, il a poussé, il a respiré encore, poussé encore. Il s’est arrêté pour reprendre son souffle. Il semblait ne pas vouloir lâcher cet enfant que, moi la fete , j’attendais avec impatience.

Mais on ne joue pas contre la nature et la nuit est nee. Et le jour, vous le voyez là : exsangue !

Je m’en Suis alors donné à cœur joie. J’ai appelé les filles de joie, j’ai appelé les noceurs, les voleurs, les patibulaires et ceux qui l’étaient moins, les amoureux , les mal aimés, les enthousiastes, les dépressifs pour que tous viennent jouir de moi, faire la sarabande au rythme des flonflons et tralalas dans les rivières de bières et de tafias.

Pour oublier la soif, oublier le jour, oublier les fantômes du jour et la misère et les pleurs, pour s’oublier en moi dans ma tonitruante, dévorante insouciance.

Oui ! Je peux affirmer qu’il n’y a pas meurtre.

témoin n°8 : Mr Réverbère (alias Philippe)

témoin n°7 : Loup-garou (alias Marie-France)

"Wouuuuuuuuuuuu ! Wouoooooooooooo !

Je suis loup-garou

Hibernant et dormant le jour

Totalement éveillé et en émeute la nuit

Mais vous n’avez rien compris

Le jour n’est pas mort

Il a simplement été chassé par la nuit

Qui elle aussi sera à nouveau chassé par le jour

C'est chacun son tour – l’un chasse l’autre

Pour exister, ou se reposer, le temps d’un moment

Vous avez compris, le jour et la nuit jouent

Quand l’un dort, l’autre vit."

témoin n°6 : Fin (alias René)

"Bien évidemment, les soupçons pèsent. Chacun sait, chacun dit, chacun fait sa makrel sur le dos de la nuit. Le milan passe où le soleil faiblit. La nuit a nuit, chacun le dit. Le jour git sur les hauts de Trénelle, sous les lampadaires éphémères, au sol, il git. Moi, caché, solitaire, derrière ma fenêtre, sous les taules de toit, j'attendais la nuit. Le jour, je le fuis. Je fuis ses lumières, sa façon toute particulière d'allumer les couleurs écœurantes de la ville. Je fuis le bruit du soleil. J'attends seul, caché derrière le volet et je vois. Rien ne me va ici, alors je guette. Et je vois comme je regarde. Et j'ai vu comme je te vois, le jour gravir les marches raides de la ruette. Je l'ai vu passer devant la vieille femme sur la passerelle. «Belbonswa doudou !» qu'il a dit, un sourire aux lèvres. Et puis, juste avant le calvaire, il a sorti d'un de ses rayons, comme on sort un couteau de sa poche, une corde de vie, lumineuse et puissante. Il l'a attachée au bastingage d'un balcon de bois moisi par le temps d'ici, il en a ceinturé sa face et sans un bruit il s'est pendu. Enterré, mouru. Moi derrière ma fenêtre, je ne suis pas grand médecin des âmes, en psychologie, j'y connais rien. Mais je sais que tout ce qui a commencé à une fin. Alors juste, je me dis, qu’après l'astre vient le désastre. C'est ça le mot de la fin."

témoin n°5 : Minuit

(alias Vincent)

"Bonjour monsieur le juge. Oui monsieur le juge, je jure. Oui, je jure, je jure de dire la vérité, la stricte vérité, la vraie, la lumineuse, l'éclatante vérité. Vrai de vrai, si je mens, j'irai à midi, j'irai me dissoudre au mitan du jour, j'irai rejoindre l'heure où l'astre solaire est à son apogée. Mon identité monsieur le juge ? Minuit. je suis Minuit. Je suis l'heure où tout se brouille, l'heure où tout s'embrouille, où tout se noue, l'heure du crime et du coït, l'heure noire, l'heure du néant, celle où les aiguilles se mêlent et s'étreignent. Rien ne m'échappe, nul ne m'échappe. J'ai tout vu. Oui, je vous jure, j'ai vu. C'est elle ! Jalouse depuis la nuit des temps, sans cesse à l'affut pour le réduire, le dévorer, l'obscurcir. Oui, c'est elle !!! Elle l'a tué, étouffé, étranglé, vidé de sa lumière, réduite au noir. Elle l'a recouverte de son voile d'étoiles et d'obscur. Elle l'attendait tapie à l'abri du crépuscule, cachée entre les chiens et les loups, elle l'attendait à l'orée de cet escalier. Elle l'attendait fausse, noire, avide et cruelle. Oui c'est elle, la Nuit. La jalouse. Elle le détestait, elle ne pouvait pas supporter sa présence à ses cotés, elle aspirait à sa clarté, elle se voulait éclatante elle aussi, elle se voulait seule, sans rival. C'est elle, je vous le dis ! Je vous le dis ! Je vous le dis !!!

Elle, elle, elle !"

témoin n°4 : Rêve

(alias Noa)

"Moi, Rêve, je dis que la nuit n'est coupable d'aucun crime. La nuit si douce qu'elle est, n'aurait pas fait cela. En plus, comment est-ce possible car dès que la nuit s'approche du jour, celle-ci s'enfuit en amenant avec elle son manteau jaune, qui recouvrait le ciel."

témoin n°3 : Fantôme

(alias Fabienne C.)

Nuit ! Présumée coupable.

Fantôme, approchez vous de la barre ! Qu’avez vous à nous dire ?

Monsieur le juge, voyez-vous je suis un témoin sans faille. Personne ne me voit et je vois tout. Plus que le jour, je ressuscite la nuit. Alors je peux vous dire que la nuit est douce à ma vie et que si je peux exprimer ici ses mystères, vous verrez bien messieurs, mesdames les jurés qu’elle ne peut être assassine.

Le jour est mort certes, mais ce n’est nullement la nuit la coupable. Elle l’a un peu poussé, mais sans le brusquer, elle a juste cherché sa place sur cette même place où lui, le jour a eu le temps de s’exprimer.

Bon j’avoue, elle l’a un peu bousculé mais il faut dire que quand il est en place, il brille tant qu’il est difficile de l’en déloger… Mais de là à le tuer ! Non, messieurs et dames les jurés, non ! Sans le jour, la nuit ne peut être aimée.

Fantôme, je vous rappelle, je suis. Ni l’un, ni l’autre ne m’ont vu et je peux témoigner que de tuerie point n’a été ! Juste une superposition, un glissement du sombre sur le clair, du doux sur le fort, du frais sur le chaud, voilà comment le jour s’en est allé.

Aussi le mot ici gravé est juste celui de l’éternel présence du jour derrière la nuit ou de la nuit derrière le jour. D’ailleurs Monsieur le juge, j’ai une requête de fantôme du quartier Citron qui bouge dans les airs pendant que d’autres arpentent les marches et qui aime toutes les heures pour écouter les gens et sentir la vie : Ne peut on écrire NUIT dans les lettres du JOUR ?

témoin n°2 : Manzel Chouette

(alias Tika)

Chouette

Bonjour monsieur le Juge

Le Juge

Bonjour madame… ?

Chouette

… Chouette ! Je suis Chouette, femme de Hibou Lugubre, gardien de l’Horloge.

On m’a demandé de me présenter ici pour témoigner.

A ce que m’a dit Hibou, nuit et jour se sont battus ?

Le Juge

C’est exact. Du sang de Jour a été retrouvé et nous pensons que Nuit a assassiné Jour. Qu’avez-vous à dire à cette cour à ce propos ?

Chouette

Ma foi, pas grand-chose, monsieur le Juge. J’ai beau être chouette, je n’y vois pas la nuit… Mais je peux vous dire que la mère de ma mère m’a toujours raconté que Nuit et Jour se chamaillaient toujours, l’un disputant sa place à l’autre et n’étaient jamais au même endroit en même temps. Il se dit même qu’il y a très très longtemps, Nuit et Jour, fils du Ciel et de la Terre naquirent jumeaux. Mais la lumière que dégageait Jour rendait Nuit malade, de même que l’obscurité de Nuit affectait le moral de Jour… Alors, Ciel et Terre allèrent voir Dieu qui décida que Nuit et Jour vivraient séparément sous le regard de Ciel et Terre.

Et là, vous me dites, monsieur le Juge, que Jour est Mort ?!

Pffff ! Moi je vous dis que c’est du vent !!!!

Nuit et Jour sont restés des garnements qui aiment jouer à cache-cache et faire des tours !

Vous n’êtes pas le premier à avoir gober cette farce, et vous ne serez certainement pas le dernier !

Nuit et Jour sont Jumeaux et coté sang, se ressemblent.

A mon avis, mon œil de chouette me dit que ce sang, vu de Jour, indique que vous avez surement trouvé les toilettes de Nuit, et, vous savez : Nuit est une femme…

témoin n°1 : Angoisse

(alias Marie)

"Quand j'ai vu une quinzaine d'ombres passer près de la rivière ?

Angoisse encore palpable, j'en perds mon latin en les regardant monter sur ce chemin à dos Cimenté !?

Angoisse vous dis-je, SI-MAN'Té rivé a tan... zafè ta la pa té ké fèt ! Absolument !

Sé Douvan Jou... ay gadé pa la

Sé Douvan Jou...man senti sa

MAN'GOISSE é mwen di zot sa : l'aube a mis sa robe et même le crépuscule a changé sa capsule! Rien à faire pour le défaire, cela se passe si naturellement ! Aucune douleur, aucune peine.

LAN-GOISSE vous dis-je : kité lan nwit tonbé

épi asé angwasé : palé

sé kon sa man djéri di lan mô ta la

têt mwen lévé ka gadé jou an syel... briyé"

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