Les couleurs de l'Afrique

January 28, 2018

 

 

COULEUR ZÈBRE

 

Et il y a le sauvage. Il y a le barbare. Et il y a des gouffres qui aspirent la lumière. Et il y a l'un et il y a l'autre. Il y a des murs épais de langues, des plantes-poison. J'ai vu aujourd'hui l'Afrique. Même pleurer ne suffit plus.

Et il y a un sauveur et il y a un dictateur. Il y a pire, un père devenu amer, sang et foudre. Je n'entends plus l'indépendance chachacha.

Et il y a toujours des têtes lapidées, des yeux ouverts qui préfèrent rester fermés. Il y a noir et il y a plus noir encore. Il y a la hachure toujours plus hachure. Et il y a le sage sous l'arbre qui s'adresse à l'arbre, au père, aux gens, à la grand-mère. Mais le sage est sourd et n'entend ni les cris ni la grammaire moderne de la néo-souffrance.

manzelKa

 

 

VERT FONCÉ

"Où est le père ?"

Annonce du partisan parti socialiste sur la radio La première, 28 janvier 2018 vers 12h30...

J'invite chaque Martiniquais à retrouver son intériorité… Lui, si cher à sa mère patrie, sa "chair" France ?

Où est ce père ?

Grand, fort, beau. Écolo !

Où est sa tête ? Je veux aller la saluer. Les croyances populaires disent que sa tête serait en Afrique et, qu'à cause d'un certain commerce angulaire, nous observons encore à ce jour, les fragments du présent, cherchant la réunification.

Marie

 

GRIS

Miss ti-gris 

Femmes capsules ? Pilules, iules ?

Femmes déesses, stylées

Réalité fragmenté

Au rythme du Ndombolo ! 

Marie

 

COULEUR EAU

Eau sale à laver.

Eau sale à fouetter.

Eau sale à foutre à la chaux.

Ici, c'était hier. Presque demain, si je regarde ma montre. Il est minuit moins à l'heure africaine. J'arracherai les aiguilles. J'arracherais les aiguilles, si je pouvais, avant que le noir ne bascule en aube. Je ne veut pas que cet hier qui est déjà aujourd'hui rejoigne demain. Je ne veux pas que l'eau grignote encore les côtes emportant avec elle des bouts de femmes,, des bras d'hommes, des coeurs d'enfants, des pieds de femmes, des sexes d'hommes, des rêves d'enfants, des yeux de femmes, des odeurs d'hommes, des fois d'enfants.

Depuis l'hier d'hier d'hier, combien d'hiers d'hiers d'hiers ?

L'eau saigne la terre. J'ai cru qu'elle venait de loin cette eau-cannibale. J'ai longtemps cru qu'elle ne venait que de loin, que c'était le ressasss qui arrachait les peaux du pays mais : elle vient aussi du dedans.

Eau sale à laver.

Eau sale à fouetter.

Eau sale à foutre à la chaux.

Mais qui s'y risquerait encore ? Kwame Nkruma a essayé. Sankara a essayé. Il y a toujours un Compaoré qui traine. Amilcar Cabral a essayé. Nommer les noms de ceux qui ont essayé. Nommer les morts tués. Il y a encore un Compaoré qui traine et qui pousse les grandes eaux à dévorer les jambes et les coeurs et les fois et les rêves et les bras et les odeurs africaines.

manzelKa

 

 

BLEU CIEL

Sous ce bleu ciel,

Khumba court… 

Court et va chercher l'eau

Court et sauve sa peau.

La guerre de classes, menace

Et vigilance face à la guerre des races : elle pointe sa face !

Terre–Race sur Terrasse, Te tait race ! 

Passe 

Khumba 

Sous ce bleu ciel pointe aussi un bel arc en ciel 

Marie

 

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