Chaos-monde du Lorrain

Maison noire, ouverte sur le ciel, toit crevé.

Bâche, que le vent ballonne, que le vent enfante, bâche pleine d'un enfant de vent.

Les paniers de pêche, fierté légitime, côtoient grenades dorées et mangos de janvier.

Les couleurs chatoient dans le passage.

Prairie des toits.

L'eau océane rugit, tout en bas, totem effrayant.

Les bancs s'incurvent sous le poids des solitudes, devant les lampadaires orphelins de leur lumière.

Bruissement des fougères sur la citerne déchue.

Parade du coq au mitan de la ruelle, ne cédant qu'à regret sa place aux voitures patientes…

La case, minuscule, résiste.

Souvenir d'une pluie de poissons, terrifiante et miraculeuse.

La maison lépreuse laisse couler sa lymphe. La peinture s'écaille par tranches de vie, et trône le canapé vert, dans la maison dévastée.

Mémoires de fenêtres, trous béants, orbites creuses quand la vie a baissé les bras.

Un sentier circule sur le carrelage de la cuisine dépressive.

J'ai conscience de cette crise naturelle probable, inexplicable

de cet instant présent.

J'ai pris conscience aussi de mon devoir de maîtrise de soi

d'apprendre à quitter la posture d'enfant-roi


L'enfance, la vie circulent, émergent aussi dans les sourires des aînés.

La vie triomphe en fleurs, la vie triomphe en fruits, la vie triomphe en ciel et en vagues.

Les humains se concentrent, se verticalisent.

Le seul ennemi est dans notre espèce.

Emmanuelle Clément et Marie Newton

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