En attendant son destin

par la petite Noa (8 ans)

 

Celui qui attend de prendre son envol au pays de ses rêves d'enfance

Celui qui part aux 4 coins du monde chaque jour en attente de ses projets

Celui qui quitte son pays d'enfance en attendant un monde meilleur

Celui qui ne sait pas où est sa destination

Mais espère que le destin le trouvera.

 

Ce grand bond solitaire

par Véronique A.

 

Celle qui avait envie de voyager la vie

Celle qui finalement décide de s'arrêter

Celle qui décide enfin de prendre un billet de retour ou de non retour

Celle qui fait ce grand bond solitaire

Celle qui d'un petit pas se retrouve avec son bagage au bout de ce long couloir d'attente

Celle qui s'arrête machinalement devant "ATTENDEZ ICI"

Celle qui rentre au pays de l'enfance car il est cher à son coeur

Celle qui a fini par comprendre que l'attente était essentielle à son équilibre!

 

Celle qui n'a pas le temps d'attendre

par Sylvia S.

 

Celui qui, rongé par l'angoisse du départ, se déplace de siège en siège, cherchant à freiner vainement le défilement du temps.
Celle qui compte les valises inlassablement, toc, manie, tentative désespérée pour contenir le débordement des émotions désordonnées.
Attente. 

Celles qui, gentiment disciplinées, respectent la ligne jaune, la distance de sécurité entre leurs mondes. Aseptiser les liens qui toutefois se créent.  
Celle qui patiente en arpentant le carrelage usé, sous les panneaux d'affichage, de long en large, de large en long.
Angoisse sourde.

Celle qui n'a pas le temps d'attendre, elle arrive en courant, cheveux au vent qu'elle déclenche par sa course effrénée, menton tourné vers le ciel, et là, la chute dans ce dédale de plots orange et blanc et de rubalise marquant la limite de l'envol. Partir, fuir, s'enfuir. Elle ne sait pas qu'on ne laisse rien derrière soi, on transporte tout, tous les désordres de nos vies, les emmêlements... mais les lumières aussi.
Celle qui sent l'étrangeté du lieu sans départ, source d'une angoisse infinie et pourtant le calme transcende. Il envahit son être, son cœur, sa tête, son âme.

 

Valises de désirs

par Tika

 

Ce qui fait la tente à toutes ces invitations au voyage,

Revient par bribes, subtilement exsudées de

 

Ceux-ci qui hissent ci, çà et là :

Valises d’espoirs, valises de désirs,

Valises prêtes à partir, attendant sagement là,

Passagères avec toi de ta vie .

Désir de t’enfuir, désir de découvrir,

Parcourir, courir à la poursuite de rires,

De souvenirs qui, aux laides heures, te feront sourire

Et que sais-je ?

 

Ceux qui, face à l’agitation du dedans ou du dehors attendent au comptoir une destination choisie ou échue qui fera de leur errance latente, une réalité d’activités voulues.

Une réalité avide et goulue, prête à recycler ta lumière clignotante en une multitude de cool heures vives, celles qui transformeront ton attente, alors vaine, en une espérance renouvelée.

 

Un quotidien à 1000 à l'heure

par Sylvia J.

 

Ceux qui atterrissent en Martinique, rêvant de s’envoler vers des Ailleurs prometteurs

Ceux qui font valser leurs valises, jusqu’aux retrouvailles d’un foyer de bises

Ceux qui foulent le désert matinal de l’aérogare, baignant dans une froideur aseptisée

Ceux qui arrivent à Madinina découvrant cette pointe de verdure empotée

Ceux qui sont assaillis de publicités, à grand renfort de panneaux non plébiscités

Ceux qui débarquent à la SAMAC, et qui ne s’essaieront pourtant jamais aux oscillations d’un hamac

Ceux qui délaissent des étendues bleutées à perte de vue, pour des étendues carrelées à perte de sous

Ceux qui à peine revenus de vacances, s’embarquent dans un quotidien à mille à l’heure ; l’entre-soi à mille lieues du Bonheur.

 

Avant d'aller au ciel....

par Marie-France

 

Celui qui arrive à l’aéroport se sent submergé par une fraicheur, une luminosité dans un espace approprié avant de partir en voyage.

Celui ou celle qui envisage de passer le cap des démarches aéroportuaires est visiblement conditionné.

Celui ou celle qui voyage est baigné dans un cadre composé de : panneaux d’affichage, panneaux publicitaires, de consignes, d’informations et de rappels sonores, de bornes, de limites, face à du personnel d’enregistrement, de bagages, de chariots, d’escalator ou d’escalier,

Ceux qui veulent voyager sont dans des obligations, avant d’aller vers le ciel…

 

 

Tout là-haut en face de moi

par Marie

 

Celui qui se pose là, tout là-haut en face de moi

Au téléphone. 9h17, homme blanc, taille filiforme

Au sourire lumineux.

 

Celui qui téléphone, donc, partage, raconte

Certainement un épisode heureux.

 

Ceux qui revendiquent leur présence, clignotent, scintillent de vert :

- cette flèche verte indique "Venez, c'est ici <- "

- ce logo + étoilé à 4 entrées indique: "La pharmacie" (près de) là où se poste cet homme au sourire lumineux- le vert clignote, le vert fait une annonce importante : "d'aller chercher"- 9:57, patience, endurance, et lumineuse flèche verte : 6 fois, 6 fois annonce t-elle sa présence

 

Celle qui insiste, tout en lissant sa flèche de vert pomme : "C'est ici"...

Celle qui, plus loin, dan son cocon doré, danse, se déhanche juste en face, de l'autre côté, en bas, enfin, semi élevée.

 

Celle qui, juste à peine surélevée sur un panneau doré, demande, danse et pense.

Celle qui a l'air de faire sa danse envoutante.

Celle qui dit "Femme SFR", celle qui sait faire rayonner sa joie...

        Ceux qui utilisent utilisent ce téléphone...

 

Celui au sourire lumineux, que raconte t-il ? Qu'entend-il de si merveilleux au point d'en sourire ?

Celle au déhanché voluptueux, quelle musique emporte sa féérie ? Bouche fière de ses émotions secouées ? femme n°1 ?

       Ceux qui utilisent ce téléphone...

 

 

Et ceux qui reviennent

par Pierrette

 

Celui qui revient a le cœur qui bat la chamade dougdougdoug. Il a tant rêvé de ce retour. Il jubile.

Celui qui rêvait de soleil, de chaleur, est glacé par la climatisation de l’aéroport qui lui rappelle ce froid qu’il voulait fuir. Et son cœur s‘affole.

Celle qui attend ressent le calme après la tempête. Ce matin le calme semble  régner. Pas de cohue pressée, pas de tohu-bohu, ni ces sirènes qui lui donnent le tournis.

Ce qui l’interpelle cependant, c’est cette plaque en marbre qui annonce la participation de l’Europe au cofinancement de l’aéroport. Et celui qui revient a le pressentiment que les habitants de son pays ont perdu un peu de leur âme. Restent-ils de marbre, s’interroge t’il ?

Celui qui revient cherche un détail, un tableau, un magasin aux couleurs chatoyantes…

Celui qui revient retient son souffle. Il promène son regard ça et là. Tout à coup, ses yeux se posent sur cette boutique de fleurs tropicales et cette explosion de couleur illumine son visage.

Le cœur de celui qui revient s’emballe dougdougdoug de joie.

Celle qui revient le cœur débordant d’espoir s’assied sur ce banc en fer glacé. Manman ! Le choc de température ! Sa crainte refait surface.

Celle qui revient attend désespérément la chaleur. Viendra t-elle enfin au rendez-vous ?

 

 

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