Petites histoires de couleur

 

JAUNE

 

l’œuf, centre de dominance ?

Douceur d’un cercle primordial en construction.

Tok Tok ! Est-ce l’œuf qui bouge ou l’oreille qui écoute ?

Je marche au bras de mon rêve.

Je nais de mon œuf.

Je m’enferme dans mon œuf. Je ponds.

Tok Tok, est-ce mon œuf qui m’appelle ?

 

(Camille)

* *

*

 

Jaune & gris, petites notes subtiles qui maquillent de douceur l’atmosphère des jardins suspendus. Un opus 45 réinterprété par Zaou Wou-Ki. Une musique légère, printanière aux piques rehaussées de lumière qui s’estompe jusqu’à l’effacement. Une frotissance qui, plus tard, animera le geste de Simon Hantaï.

 

(Fabienne C.)

 

OCRE

 

 

Se couche l’écriture

Devine les rayons

Ils se fondent dans la toile

En un kolé-séré informe

Courbes, arabesques

Obscur mais clair…

 

(Christine)

* *

*

 

Sur la toile, le songe entré par la fenêtre de mon regard incrédule.

Sur la toile, le sable qui murmure,

Puis le cri sourd du volcan qui griffe de sa lave un granit incongru.

Sur la toile, la comète qui tourne ses peurs et mes angoisses,

Utérus à enfanter les rêves et nier les cauchemars.

 

Et Protée préside à la danse sauvage des couleurs en gestation !

 

(Janine Bailly)

 

 

ROUGE

 

Une foule trop foule

Une spirale où se mêlent

Pêle mêle

Profond

Phallus à l’huile

Ciré

Métallisé

Dur, feu, rouge…

 

(Christine)

* *

*

 

Diable de mer jaillissant des jardins suspendus, signes Précambrien, écritures des cris véhéments et centre de dominance.

 

(Fabienne C.)

 

 

VERT

 

C’est sur la toile peinte la frêle libellule aux antennes levées.

C’est le poisson bleu, écartelé, son œil rond courroucé.

C’est le ruban déroulé d’une fête enfantine, 

Un Carnaval de printemps aux accents débridés.

C’est à l’église le vitrail, qui dans ses limites de plomb 

Emprisonne l’écharpe des couleurs.

 

Ou, parfois, la matrice où germe l’horizon.

 

(Janine Bailly)

* *

*

 

Vert, Vert, Vert !

Où est le sens ?

Ce vert vertigineux m’enrubanne et m’environne.

Voici la ligne ! Verticale.

Où va-t-elle m’amener ?

 

Je préfère lire à reculons.

 

(Camille)

 

 

BLEU

 

Un voyage dans l’espace

Un vol au dessus des sens

Des milliers d’étoiles à l’empyrée

Bleu…

Opalescence pourtant

Je n’comprends rien,

Des fois je comprends tout…

Je lis le monde, je lis le vie

Je vois l’absence, le «rien d’autre» à la façon de Bellegarde

Je devine…

Evanescence…

 

(Christine)

* *

*

 

Espace dans lequel se lovent et respirent les jardins suspendus. Espace de la marée basse qui lèche l’espace du ciel. Signes de vie et de prolongement. Espace temps, le 15/12/1961, 41 jours avant une renaissance, ou le 15/12/1961 et sans titre associé ! Bleu des écritures et bleu infini tout de même !

 

(Fabienne C.)

 

 

NOIR

 

Ils dansent, échevelés et fous,

les sombres hiéroglyphes !

Elles se bousculent et trébuchent et s’accrochent,

les notes de musique, sur la rouge portée endeuillée !

Et les traits sur la toile se multiplient,

Orchestre de désirs,

Quand le vertical défie le sage horizontal !

 

(Janine Bailly)

* *

*

 

Les fourches se cognent acharnées, enragées, elles insistent jusqu’au chaos.

Le diable l’a prise.

Où est la mer ? Poséidon a capitulé.

Mais la fourche existe par elle-même et elle aussi persiste.

Elle rompt ! s’étale et s’aplanit. Seule reste la tache. Apaisée mais bien vivante, elle flotte entre deux eaux et envahit l’esprit du peintre qui se vautre en elle, comme dans les délices d’un souvenir de vice et de combat.

 

(Camille)

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