Fait divers à l’Union (2017)

Non ! Impossible ! Ce matin en me levant, c’était inscrit dans le journal local de "ya pas match" comme on dit aussi "ya pas foto". Et depuis cette nouvelle tourne dans ma tête… Impossible, impossible ! Ce quartier, je le connais, il y émane une telle douceur, une telle langueur, une telle fierté dans les appellations des dites allées telles que Tolérance, Bienfaisance, Amitié... que cette idée de bienveillance du quartier est restituée ! (Quelle histoire d’ailleurs derrière ce choix ? Quand même une rue, pardon une allée, est baptisée classiquement d’un nom, ce dernier n’est pas conventionnel, on lit "Serge d’Aventure"!) Non, décidément, impossible qu’un meurtre ait pu être commis ici. C’est une histoire d’ailleurs, une histoire étrangère à ce lieu ! Et si j’étais l’enquêteur, c’est sur cette base, cet instinct, disons carrément cette vérité que je fonderai mon enquête.

Les gens de ce quartier se connaissent, du moins ils ont vu, ils savent quoi et qui ! Cette affaire sera élucidée rapidement !

Mais… Qu’en sais je ? Dans mes pas, le doute s’installe. Et si, dans ce ressenti qui m’a fait conclure ce que je viens d’élaborer, je me trompais carrément ! ?

Si, en fait, derrière ces respirations, des claustras et des couleurs des façades, des appellations de rues et des perspectives sur la campagne avoisinante, le calme suggéré de ces habitations était un étouffement ? Si en fait la sérénité du silence était un murmure muselé. Si, en fait, tout ce que je pense était inversé ? Oui, autre hypothèse : c’est l'un des leurs qui est le meurtrier, ou l'un des leurs qui est le mort.

Tout à coup, je stoppe mes pas : Mais bon sang ! Je ne connais même pas le nom du mort ! À quoi bon échafauder ainsi ! Décidément, je ferais un piètre enquêteur… Mais j’aime tant l’atmosphère de ce quartier que c’est cela qui en premier m’a emportée…


LE MONOLOGUE DU MORT À LA MORT

Mort !

C’est ainsi que j’aimerais t’expérimenter :

Surplombant la mer que j’ai toujours chérie, qui m’a toujours animée. Entendre dans mes balades, (s’il en est ainsi comme les croyances animistes le disent) la musique de son mouvement incessant et percevoir la lumière de sa surface dans ce qu’elle reflète du ciel.

Mort !

Quand je rentre chez moi, c’est sous l’ombre d’un feuillage que je veux te rejoindre avant de ressortir flirter avec le vivant.

Là, quand je t’écris toute vivante, je suis appuyée sur une tombe parmi d’autres tombes. Mais c’est la modestie de son architecture qui s’est faite mienne. Celle d’une voute ancestrale posée sur un socle, où simplement est écrit Famille Hippolyte ERNOULT en lettres noires sur chaux blanche.



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