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 >>>  trace 27. Maison de retraite Logis Saint-Jean

Rivière Salée 2019 

1/12

Logis St-Jean, dans le bourg de Rivière Salée.

Jour 1. Les résidents se creusent la tête et découpent leur prénom en petits morceaux. Ils l'orpaillent pour trouver des pépites de mots cachées.

Après dissection de son prénom, chacun s'est retrouvé au bord de lui-même.

Jour 2. Tous ensemble, c'est le mot MARTINIQUE qu'on a fouillé de fond en comble. Le but : révéler le corps du pays avec les mots trouvés...

 


 

Au 3ème jour, on a fait un tour du monde pour relier entre elles nos villes de cœur et dessiner un territoire insolite qui du Vauclin se termine à Venise en passant par la Nouvelle Orléans et Bordeaux.

Avec Louis et Roland, on a sorti la caméra pour proposer aux enfants du Prêcheur un éclairage à l'histoire qu'ils avaient inventée : une plume s'est fâchée avec son coq et est partie de son côté.. Pour Louis, pas de doutes : le coq a dû dire trop de paroles inutiles pour que la plume foute le camp !

Parler de colère, écouter Louis Armstrong, refaire la recette du blaff... Encore des moments touchants, remplis d'émotion. C'est cela aussi l'écriture.
Et "ça fait fonctionner sa tête ! Vivement la prochaine fois !"

Matinik, i bel ek i bon !

texte collectif

 

Je suis allée à Monté Carlo dans les années 1960, j’ai vu la relève de la garde. Les militaires étaient tous debout. J’ai vu la princesse. Elle était simple avec une belle robe blanche.
Il y avait beaucoup de choses à voir.
Paris c’est toujours gris, ce n’est pas propre, ce n’est pas intéressant. Il y a beaucoup de monde. Pour courir, on court partout.
Mais ça dépend où on va à Paris. On peut tout voir dans la vie à Paris.
La Martinique est plus intéressante. Je suis d’accord !
Matinik bel, bel, bel ! Les gens sont bien habillés, il y a l’église.

Et Rivière salée, i bel !
On ne peut pas comparer. La Martinique est trop vivante. La Martinique est née l’autre jour, elle est toute jeune.
Je recherche la mer, le soleil, c’est ce qui fait le charme de la Martinique. J’aime tout. C’est mon pays. Je l’aime.

Il y a les Martiniquais. Et les Martiniquaises. Ils sont accueillants mais ce n’est plus pareil. Etre accueillant c’est quand on reçoit bien. Maintenant la vie est dure. On se laissait vivre avant. C’est ce que disent les gens âgés. Moi j’écoute.


Les gens voyagent ailleurs. Moi j’aurais aimé vivre au Vauclin, je serais restée en Martinique. Au Vauclin, il y a la mer. J’habitais le bourg. Ma voisine avait fait une robe beige, marron pour aller à la messe. Et au mariage. Je suis allée à Fort de France.
J’ai aimé l’Italie, Venise, la place St Pierre, les pigeons, Rome…
Je suis allée en Amérique. On a visité les marchés de la Nouvelle Orléans. Tu te rappelles ? J’aurais aimé entendre du jazz.
Il faudrait repartir pour prendre le temps. Quand on voyage, çà va vite. Il y a des choses qui restent. Des choses qu’on oublie. Avant j’avais un petit carnet…

J’aime cuisiner. Gratin de christophines, viande grillée, un bon sauté de veau. Mon frère est pêcheur, le poisson, çà se mange bien. J’aime cuisiner les plats qui mijotent, les frites, un court bouillon de poisson. Pa blié ti moso piman.
Ayayaille ! Ignames avec fruits à pain !
Ayayaille ! Tout bagay bon dépi i byen fèt, selon l’heure.
On bon ti kochon, misié ! Tout ce qui est bon. Flap ! Doubout !
Tout manjé Matinik bon. Matinik ni tou sa ki fo.


1,2,3... Ayayaille ! La vi a bel.
Il faut savoir la vivre.
La pli, menm, pè tonbé !

                                                                                      

avec Alexandre, Lucie,

Louis, Roland, Dorice, Pierre, Alex,

Carmen,

Maurice, Prisca,

Ludonise, Paulette, Berthe, Gisèle,

Liliane, Berthile,

Anne-Marie,

Eléonie...

Au bord de moi…

 

Il y a une liane qu’on prend à terre et qu’on lève sur la tête
Il  y a Liliane avec deux ailes
Il y a un âne qui marchait sur deux pattes

Au bord d’Alexandre
Il y a une reine qui dirige
Il y a un axe difficile
Il  y a un renard qui guette

Il y a le ciel bleu. Il pleut
Il y a l’île de la Martinique. Elle est belle, tout bagay
Il y a les cils de Lucie

Il y a la mer, les vagues, des algues.

C’est l’île de la Martinique
Il  y a mon lit. Parfois je fais des rêves, elle est belle
Il y a un rite mais j’oublie.

Il y a les cils de Martinique, les cils de Berthile

Au bord d’Anne-Marie
Il y a le bruit de la mer
Il  y a la nature que j’aime
Il y a les senteurs marines

Au bord de Maurice
Il y a la mer qui bouge autour des cocotiers
Il y a un olivier amer qui bouge
Il y a un pêcheur qui rame avec les vagues qui bougent

Au bord de Carmen
Il y a la mer toute bleue qui gronde, le ciel tout bleu,
le soleil tout brillant
Il y a le car qui me fait voyager
la banque où je rends ma petite monnaie
Il y a la rame qui me fait traverser

Au bord de Dorice
Il y a la mer, des vagues, des algues et des tortues
Il y a ma bague dorée et ma chaîne en or
Il y a mes amis, mes parents et mes animaux

Au bord de Pierre
Il y a un père qui va travailler à l’usine
Il y a l’air de la campagne qui passe à travers les arbres
Il y a la pierre que l’on envoie

Au bord d’Eléonie
Il y a des Oh, il y a des Ah !
Il y a l’île, l’eau depuis un bout de temps
Il y a un nid. C’est fini

animatrices

Isabelle Kanor

Véronique Kanor

Un grand merci à Monique, Francette et Marie-Elise pour leur aide.

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